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MEOPA :pourquoi et comment orienter les patients ?

Mis à jour : janv. 6

Plusieurs solutions existent pour prendre en charge les malades fragiles (enfants phobiques, handicapés…). Parmi elles, la sédation consciente particulièrement efficaces pour résoudre l’impossibilité ou l’échec de soins au fauteuil. Les conditions et les contraintes opératoires changent, les omnipraticiens se posent souvent la question du choix.


La Sédation consciente


L’analgésie relative ou « sédation consciente » correspond à la disparition de la perception douloureuse avec conservation des réflexes laryngés par inhalation du Mélange Equi Molaire Oxygène Protoxyde d’Azote (MEOPA). Le protoxyde d’azote, gaz utilisé en dentisterie dès le XIXe siècle est actuellement utilisé sous sa forme MEOPA et à usage exclusivement hospitalier pour l’odontologie (1) .

L’inhalation du MEOPA entraîne un détachement de la réalité tout en maintenant la conscience du sujet (réponse à un stimulus psychique et à des commandes verbales) ainsi qu’un effet amnésiant. Le patient peut ressentir des paresthésies (picotements, fourmillements) ; une sensation de lourdeur, de chaleur, de légèreté, avoir des visions ou des distorsions auditives. Quelques effets indésirables ont été décrits dans la littérature :

– une sensation de malaise, des nausées voire des vomissements, dans moins de 5 % des cas ;

– une excitation paradoxale ou une certaine somnolence ;

– une dysphorie chez certains enfants très anxieux, surtout si le terrain psychologique n’est pas bien préparé.


Indications


En odontologie pédiatrique, la sédation consciente est particulièrement intéressante pour :

– les actes de courte durée (30 minutes maximum) et peu nombreux (3 à 5 dents à traiter) ;

– les enfants phobiques, opposants ou handicapés (si la déglutition et la ventilation sont normales) – les actes simples en chirurgie dentaire courante (extractions, soins coronaires).


Contre-indications


Liées à l’état général, Elles sont rares mais absolues :

- Accident de plongée, de pneumothorax ou d’occlusion digestive

- Épanchement gazeux

- Hypertension intracrânienne non dérivée

- Traumatisme crânien non évalué, accident cérébrovasculaire

- Altération de la conscience non évaluée

- Fracture des os de la face


La prudence est recommandée en cas d’insuffisance hépatique ou rénale, de drépanocytose et de greffes d’organes. L’association avec les benzodiazépines (ValiumTM, HypnovelTM) ou les opioïdes (codenfantTM) doit être évitée en raison de la potentialisation de la dépression respiratoire.


Protocole opératoire


Avant le geste. Lors d’une séance préalable, il est essentiel d’expliquer le principe de l’inhalation à l’enfant et à ses parents, de prévenir des différentes sensations possibles, de montrer et faire essayer un masque au patient, et enfin de permettre au patient de poser des questions. L’enfant n’a pas besoin d’être à jeun. Tous les équipements (bouteille, tuyaux, évacuation) sont vérifiés. Après 3 à 5 minutes d’induction, réaliser l’anesthésie locale et commencer les soins.


Pendant le geste. Selon la nature de l’acte et le patient, l’inhalation est fractionnée ou continue . Pensez à assurer un monitorage clinique.


Après le geste. Laisser le patient au repos jusqu’au retour à un état de vigilance habituel et/ou à la disparition totale des effets indésirables éventuellement survenus, 5 minutes en principe. L’enfant peut manger normalement dès qu’il le souhaite après l’inhalation.


Discussion


Le MEOPA seul est peu efficace s’il n’est pas accompagné de techniques psychocomportementales (relaxation, hypnose) et/ou d’une prémédication sédative. L’utilisation d’une méthode d’analgésie ne doit pas faire négliger une organisation générale réfléchie et adaptée aux besoins et au bien-être de l’enfant.


Bibliographie 1. Andersen J. La sédation consciente par inhalation du MEOPA. Fil dentaire, 2008 ;36 : 31-32 2. De San Fulgencio J., Roy V., Maudier-Rocle C. Efficacité de la sédation consciente au MEOPA à l’hôpital Robert Debré. Journ odontostomatol Pediatr 2004 ; 11(3) : 131–137 3. Maudier-Rocle C. La prise en charge de l’enfant en odonto-stomatologie : une méthode efficace : soins sous sédation consciente. 2003 ; J. Odontostomatol. Pediatr. 10(2) : 77-82 4. Bandon D., Nivet S., Brun-Croëse N., Prévost J., Nancy J., Foti B. Soins dentaires des enfants sous anesthésie générale. À propos de l’activité de l’unité d’odontologie pédiatrique de l’hôpital Nord de Marseille. Chir dent fr. 2004 ; 1155 : 41-46 5. Lacroix-Gaucci C. Anesthésie générale et chirurgie dentaire. Alpha-Omega, 1988 ; 5 : 10-11 6. Schneck H., Vedet-Richard D., Dagot V., Wilson T. Indication des mises en état de la bouche sous anesthésie générale. Chir dent fr. 1991 ; 554 : 45-48 7. Bandon D., Nancy J., Vaysse F., Maudier C., Goldsmith M.-C., Delbos Y., Moulis E., Roy V. Constitution du dossier patient soigné sous anesthésie générale. Chir dent fr. 2006 ; 1275 : 41-47 8. Bandon D., Delbos Y., Roy V., Chabadel O. Traitements buccodentaires sous anesthésie générale des enfants et des patients handicapés : responsabilité et couts. Chir. dent. fr. 2008 ; 1359 : 35-47 9. Bandon D., Nancy J., Prévost J., Vaysse F., Delbos Y. Apport de l’anesthésie générale ambulatoire pour les soins dentaires des enfants et des patients handicapés. Arch ped. 2005 ; 12 : 635-640 10. Sixou J.-L. Anesthésie générale et soins bucco-dentaires. Chir dent fr. 2005 ; 1214 : 31-34 11. Bandon D., Brun-Croëse N., Dajean S., Goldsmith M.-C., Nancy J., Sixou J.-L., Delbos Y. Propositions pour la prise en charge du patient porteur de handicap. Chir dent fr. 2007 ; 1296/1297 : 51- 58

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